partage cérébral

Blog des idées sans complexes qui élèvent l'esprit. "Pour m'exprimer dans un gisement d'idées interdites en société, je me cache derrière le prête-nom Stéphane Noblet, car c'est un sculpteur dont je sais qu'il restera de marbre si on le questionne."

26 juin 2008

Progrès et taille.

99. Il apparait franchement que le « bien » est relatif, et contradictoire, selon le groupe social (ici, le pays ou le continent) auquel on appartient, mais obéit, avec toute la sophistication des relations diplomatiques et commerciales, à la raison du vainqueur. A sa morale. Comme aux temps paléolithiques de l’organisation tribale des petits groupes humains, mais en plus grand. Ainsi, le progrès « humain » serait dans la taille et la puissance des sociétés?  Et en parallèle, le progrès de n’importe quelle espèce vivante serait dans la taille de ses colonies, jusqu’à occuper tout l’espace terrestre ? L’individu, s’il en a la cérébralité, trouve là matière à s’interroger. L’intellectuel appointé par un des groupes en lice, trouve là à officiellement s’émerveiller. C’est curieux vous ne trouvez pas ?

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25 juin 2008

Règles tribales et terrains de jeux.

98. Nos sociétés civilisées passent très largement aux yeux de l’opinion mondiale (celle qui nous est rapportée par les médias), pour des havres, des vastes enclaves d’élévation de l’homme. Le reste du monde est occupé par des sociétés moins avancées, plus sauvages, où plus d’exactions sont permises, puisque les règles éthiques y sont plus lâches, moins contraignantes, où l’homme aurait moins de possibilités de s’accomplir. Pourtant, ces zones « en développement » ressemblent à des sortes de terrains de jeux où s’ébrouent nos émissaires, terres de conquêtes, de commerces et d’esclavages dont certains seraient franchement illégaux en société civilisée, d’exploitation « minière » des ressources minérales, industrielles et biologiques, c'est-à-dire qu’une fois l’exploitation terminée il ne reste que le chaos et … Débrouillez vous, vous êtes libres d’agir à votre guise, et prenez modèle sur nous, nous sommes venus pour vous apprendre ! Pourtant toutes ces activités sont tolérées par les morales des sociétés civilisées, car ce serait pour le bien finalement, le « bonheur matériel de notre  esprit ».

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24 juin 2008

Recherche individuelle, chicane collective.

97. Ce serait là, chez l’individu qui se libère l’esprit de la chicane, hors des arbitrages sociaux donc, que peut-être se situe le gisement d’une élévation d’esprit ? En assemblant  l’acceptation d’une conscience pas trop courte et la construction d’une morale particulière? L’élévation de l’esprit passerait par une recherche individuelle, transcendante, en marge des sociétés ? C’est inconfortable car se profile la description d’une marginalité… Et aussi d’une inutilité sociale, au moins immédiate… Et cela ne  dit pas ce que je peux mettre dans ces morales qui pourraient élever l’esprit, loin des clichés que l’on nous sert pour nous écœurer de l’idée de sortir de la pensée dominante. Que pensez-vous qu’on pourrait y mettre ?

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23 juin 2008

La morale subsidiaire.

96. Je constate que droits et morales sont deux registres différents (le droit est le minimum à respecter pour ne pas se faire coffrer, la morale serait plutôt une espèce d’idéal de hauteur de pensée et de comportement à atteindre, très variables selon les genres de morales, mais à laquelle l’individu, s’il le choisit, aspire profondément et avec initiative…) Dans la vie réelle du groupe social, la confrontation inévitable avec les hommes (de morales différentes, ou même absente, bien que le droit soit affirmé) fait que ce sera forcément  le plus habile socialement  qui l’emportera, avec le droit qu’il saura interpréter et faire interpréter à son avantage, en le mâtinant à grands traits de morale passe-partout (j’ai confiance en dieu et en la Justice, qui sont  équitables, et ce n’est pas de ma faute si j’ai pu me payer un meilleur avocat), pour que sa victoire ait l’air présentable et ne nuise pas à sa parade sociale…. Y-a-t-il élévation de l’esprit dans ces procès gagnés et perdus ? Au cours de ces batailles grandioses ou lamentables, les morales restent tapies au fond des individus, qu’ils s’en sortent à leur avantage ou qu’ils perdent les batailles des procès : elle est donc subsidiaire et plutôt individuelle en dernier ressort. Ce sont des caractéristiques qu’elle peut partager avec une  conscience élargie dont j’ai parlé auparavant. Troublant.

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22 juin 2008

L'autorité et son absence.

95. Ce ne sont pas les circonstances qui manquent depuis que l’homme existe, pour que s’érigent droits et morales. Mais la circonstance principale pour leur application, quel que soit en substance leurs contenus, c’est qu’il y ait une autorité pour les faire appliquer : qu’elle soit mentale (inscrite dans la cérébralité de l’individu) ou matérielle : avec des gros bras à proximité, qui soient prêts à intervenir au premier mot du dépositaire de cette autorité ; ou alors c’est une foule prête à juger et à porter l’anathème, ce qui revient au même. Ce serait donc, en première approche la structuration du groupe qui donnerait la force à ces deux règles de droit et de morale. La raison du groupe social. Sinon, c’est toujours la morale la plus « abjecte » qui ressort avec un naturel confondant : on le constate à toutes les périodes de vacance des pouvoirs, où les mini-féodalités les plus basses éclosent sans contrainte supérieure.

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20 juin 2008

Elastiques.

94. Voici un sujet rebattu : on n’écoute même plus. Il y aurait le droit, et il y aurait la morale. L’un et l’autre sont très élastiques et dépendent de beaucoup de circonstances : l’époque et  le lieu où l’on se trouve ; Les gens avec qui l’on se trouve ; Les forces en présence, physiques et morales ;  et puis l’individu lui-même, celui qui se pose la question. Par exemple droits et morales seront différents si l’on se trouve dans un village perdu dans les Aurès en 1958 ; dans un café parisien de la rive droite en 1999 ; dans une usine textile à Roubaix en 1960, ou à Taïwan en 1985, ou en Malaisie en 2005; dans une tribu amérindienne, visitée par Levy Strauss dans les années 30 ; dans une plantation de coca au même endroit en 2008 ; dans une église en Vendée, une mosquée en Turquie, une mosquée au Pakistan, un temple en Amérique du nord au cours d’une cérémonie au 19ème siècle; dans une mosquée aux mêmes endroits en 2008; dans un séminaire dominicain au 13ème siècle…

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15 juin 2008

Un îlot de calme, quelle ambigüité!

93. Ce ne serait pas constructif de faire le catalogue des exactions des riches qui confortent leurs dominations. Cela a déjà été fait  à toutes les époques sans exceptions (les premiers écrits de l’Egypte ancienne il y a 4000 ans, en faisaient déjà état) et cela n’a jamais rien donné. Il semblerait que cela soit inhérent à l’organisation humaine, quelles que soient les règles qui fondent ces sociétés. Les dominants, une fois installés, ont tout le loisir de déployer leurs actions qui leur rapporteront encore de la richesse, du pouvoir, et une certaine considération, même si celle ci est parfois un peu haineuse. Ils s’en foutent. Leur recette est toujours la même : vendre à qui peut acheter. Peu importe quoi, du moment que la façade est blanchie (si leur culture les y obligent) pour ne pas gêner la parade sociale. Peu importe à qui, du moment qu’il y a une bonne chance d’être payé. Cette condition d’installations humaines semblant générale, cela voudrait-il dire que « l’élévation d’esprit » ne pourrait survenir que dans des ilots de calme, tolérés ou  protégés par les exacteurs de profession ? Quelle ambigüité en perspective ! Mais accepter de vivre avec une conscience large, cela nécessite bien de faire des concessions à l’être vivant, d’accepter certaines prédations, sinon la mort survient à très brève échéance par défaut de nourriture, à l’échelle d’une génération par défaut de reproduction, fortuitement, à chaque instant, par défaut de défense… Dans chacun de ces postes, quelles concessions accepter au minimum ? Se regrouper en abbayes pour protéger ceux qui travaillent avec calme ?  Cela a été fait de par le monde, et ces sanctuaires étaient des prisons pour le corps, et sont devenus des prisons pour l’esprit. Je rêve d’un lieu de calme qui ne soit pas une prison. Comment serait-ce possible ?

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13 juin 2008

création humaine, création instinctive?

92.  L’activité industrielle comme celle de l’armement par exemple (on appelle cela de la « technologie » dans les médias, et elle représente un des premiers postes d’exportation des pays les plus avancés) procède-t-elle d’une élévation de l’esprit des hommes qui y participent, qu’ils soient constructeurs, ingénieurs, commerciaux vendeurs ou acheteurs, actionnaires anonymes, général, soldats des confins du monde civilisé instruits à l’utilisation des matériels technologiques, paysans et bourgeois brûlant sous les gaz, les bombes et les contaminations, ou simples téléspectateurs ?  Il y en a qui disent qu’on n’y peut rien parce que cela fait partie de notre condition humaine. Mais alors en acceptant cette raison comme suprême, on ne s’écarterait de la cérébralité de tous les autres êtres vivants que par l’organisation de l’esprit en une sorte d’ingénierie,  certes fort complexe, mais strictement appliquée à  réaliser un programme instinctif? 

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11 juin 2008

L'hypertrophie d'une fonction instinctive: le commerce mondial.

91. L’industriel, soutenu diplomatiquement par le chef d’état qu’il instrumente (les responsables politiques sont à genoux et consentants devant la puissance des gros lobbies qui vendent de la « technologie ») va porter l’exaction et la décimation, avec pour échange : de la croissance, de la prospérité et du bonheur pour son groupe industriel, pour ses actionnaires anonymes qui spéculent sur les ventes à venir et donc le remplacement des matériels, pour ses salariés et leurs familles qui espèrent de tout leur cœur que les commandes seront suffisantes et qu’ils ne soient pas jetés au chômage comme des inutiles, pour ses sous-traitants qui applaudissent au succès… Malgré toute cette sophistication technique, toute cette recherche universitaire, toutes ces usines de pointe, tout ce bonheur argenté répandu sur un côté de la planète, la cause suprême qui régit cette activité n’est-elle pas assimilable à l’hypertrophie d’une  de nos trois fonctions primordiales d’être vivant : l’extension de son espace de vie (superficie, confort, influence, etc.)?

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10 juin 2008

Production et commerce.

90. En action militaire, la fin justifie les moyens, c’est normal, et si une minorité d’hommes de troupe ont pris un plaisir individuel et collectif avec les corps de quelques vaincus, c’est regrettable, mais la victoire apporte plus qu’une compensation à ces incidents collatéraux. Elle apporte tout à notre cause suprême.  D’ailleurs, malgré une enquête rigoureuse, on n’a pas retrouvé les auteurs présumés, et les faits sont sans aucun doute largement exagérés par de mauvais témoins indirects, dévoyés sexuellement et  à la solde de nos  ennemis actuels. Ils seront jugés selon la loi  par notre justice. Et puis certains sont morts valeureusement  dans les deux camps, et ils font honneur à l’humanité par leur héroïsme et leur désintéressement.

Par contre, la vente d’armes à des peuplades solvables organisées en groupes rivaux, serait-elle aussi en rapport avec une cause suprême ? Et quelle serait-elle ? En tous cas, ces ventes se font pour la prospérité des fabricants et des marchands d’armes, qui donnent tant de travail à leurs salariés américains, chinois, britanniques, français, israéliens, pour ne citer que les plus performants dans leurs techniques létales et dans leurs ventes. Et les dégâts occasionnés lors de leurs guerres régionales ou locales, sont-ils collatéraux ou principaux, c'est-à-dire dans ce cas font-ils partie intégrante ou non de l’acte de s’industrialiser et de vendre des produits manufacturés ?

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